Le Canada dit que Facebook a enfreint les lois sur la protection de la vie privée avec des garanties «superficielles»


Les faibles protections de la vie privée de Facebook ont ​​exposé les données personnelles de millions d’utilisateurs, un grave manquement que la société a reconnu mais refusé de corriger, ont déclaré jeudi les autorités de réglementation canadiennes.

Une enquête menée par le commissaire à la protection de la vie privée du Canada et le commissaire à l'information et à la protection de la vie privée de la Colombie-Britannique a révélé que Facebook avait violé les lois nationales et locales en permettant à des tiers d'accéder à des informations d'utilisateur privé par le biais de «mécanismes de protection et de consentement superficiels et inefficaces».

Mais Facebook a contesté les conclusions des chiens de garde, même après que son directeur général, Mark Zuckerberg, s’est excusé l’année dernière pour ce qu’il a appelé un "abus de confiance majeur" dans le journal. Le scandale de collecte de données Cambridge Analytica, les régulateurs ont dit. La société a ignoré les recommandations, certaines émises il y a une décennie, sur la manière de prévenir une exposition future.

«Il y a un écart important entre ce qu’ils disent et ce qu’ils font», a déclaré jeudi Daniel Therrien, responsable du groupe de surveillance fédéral de la protection de la vie privée, lors d’une conférence de presse à Ottawa.

Les organismes de réglementation, qui disposent d’un pouvoir limité pour forcer Facebook à se conformer à la loi, prévoient d’entraîner la société devant un tribunal fédéral canadien. Le tribunal, qui se concentre sur les questions de réglementation et les poursuites contre le gouvernement, peut infliger des amendes.

Mais M. Therrien a déclaré qu '«historiquement, il y a eu de très petites pénalités – de l'ordre de dizaines de milliers de dollars». Il a insisté pour que des lois plus strictes sur la protection de la vie privée soient instaurées au Canada et pour que les autorités de contrôle aient plus d'autorité pour inspecter et sanctionner les entreprises.

[Facebook a annoncé mercredi qu'il s'attendait à une amende pouvant aller jusqu'à 5 milliards de dollars de la Federal Trade Commission pour violation de la vie privée.]

«Ils nous ont dit carrément qu'ils n'étaient pas d'accord avec nos conclusions juridiques», a déclaré M. Therrien. "Je trouve absolument insoutenable qu'une entreprise puisse dire à un organisme de réglementation qu'elle ne respecte pas ses conclusions."

Facebook n'a pas immédiatement répondu à une demande de commentaire. Les régulateurs ont déclaré que la société avait refusé d'autoriser des audits de ses procédures de confidentialité au cours des cinq prochaines années.

La pression augmente sur Facebook de la part des régulateurs dans plusieurs pays.

La commission irlandaise de la protection des données a annoncé jeudi avoir ouvert une enquête sur Facebook après que la société lui ait dit que des centaines de millions de mots de passe d'utilisateurs étaient stockés au format texte sur ses serveurs internes. Mercredi, Facebook a déclaré qu'il s'attendait à être condamné à une amende jusqu'à 5 milliards de dollars par la Federal Trade Commission pour violation de la vie privée.

Au Canada, M. Therrien a réclamé de nouvelles lois qui permettraient à son bureau d’examiner régulièrement les pratiques de Facebook et d’autres sociétés de médias sociaux en matière de protection de la vie privée, sans attendre une plainte du public.

La complexité des systèmes de Facebook et l’opacité générale de la société, explique-t-il, rendent probable que les utilisateurs ne sachent pas que la société viole leur vie privée ou les lois canadiennes.

L’enquête canadienne a été lancée après que l’année dernière, Cambridge Analytica, une firme de données politiques engagée par la campagne électorale de 2016 du président Trump, ait été informée, obtenu l'accès aux données personnelles sur jusqu'à 87 millions Utilisateurs de Facebook. Selon les organismes de réglementation, quelque 622 000 Canadiens pourraient avoir été touchés.

L'accès non autorisé aurait pu être évité ou allégé si Facebook avait suivi les recommandations émises en 2009 à la suite d'une enquête similaire menée par le commissaire fédéral à la protection de la vie privée, ont déclaré les régulateurs.



Source link